Botanique du Chaos

  • ISBN 978-2-918048-00-8
Auteur: Ana María Shua (Argentine)
Traduction: Gonzalo Navarro

BILINGUE

Les textes de Botanique du Chaos, considérés par Ana María Shua elle-même comme l’un de ses meilleurs ouvrages, se répartissent en onze chapitres qui cherchent désespérément à organiser un univers éclaté, fragmenté, souvent incompréhensible où, en définitive, seul l’humour permet de survivre.
 
Dans un entretien accordé à Ángela Pradelli, professeur de littérature, écrivain et journaliste argentine, Ana María Shua tente de définir elle-même ses micro-fictions :
« … On part de l’idée que ce sera un petit univers, ce qui détermine la proportion de chaos que l’on prend pour le construire. Quelquefois, pas  toujours, on s’appuie sur les connaissances du lecteur. Dans un conte comme "Raz-de-marée cherche prophète", je suppose que le lecteur connaît déjà les relations complexes et profondes entre les prophètes et les catastrophes naturelles. Quelquefois, pas toujours, on travaille avec la matérialité même du texte, comme dans cette petite
histoire : "Fuyons, les chasseurs de lettres sont arriv….". Les procédés sont divers… »
« … Il est certain que le genre a un penchant pour le fantastique.Ce sont eux, mes contes, qui choisissent cette voie, alors que je tente, sans  succès, les  fouettant parfois, de les conduire vers l’imitation la plus crue de la réalité. Par ailleurs, le tissage du fantastique et du quotidien dans une même trame est typique de la littérature argentine, dans tous les genres : Borges, Cortázar, Bioy Casares, Denevi… Seul Puig, peut-être, a été capable de sortir de cette trame… »
« … La seule limite [du genre], c’est qu’il ne permet pas le développement des personnages. Pour le reste, un cosmos de quinze lignes peut tout contenir. Bien entendu, il vaut mieux que les meubles soient petits. Par ailleurs, le conte très bref exige une écriture impeccable. À cette taille, la plus petite erreur acquiert des proportions gigantesques. Mais cela ne constitue pas une limitation, au contraire, c’est un avantage pour le lecteur. Pour l’écrivain, c’est un grand plaisir qui l’attend : la possibilité de partir de la matière brute et d’arriver à la sculpture parfaite d’un seul coup. Dans la production du genre, il y a des instants d’extase et de révélation, comme dans la poésie… » « …Ce que j’attends du conte très bref, c’est qu’il soit aussi insaisissable et glissant qu’un poisson ou que n’importe quel bon texte littéraire… »

 
Insaisissables, ces micro-récits le sont certainement pour la critique; le lecteur peut en revanche s’en emparer, les laisser puis les reprendre, sans en épuiser complètement les multiples significations.

Ana María Shua

15.00 EUR
Taxes incluses: 0.78 EUR
État de stock: Version papier épuisée - disponible en téléchargement

ex.