PDF-Rien n'égale la saveur de l'été

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PDF-Rien n'égale la chaleur de l'été
ISBN 978-2-918048-06-0
Auteur : Guillermo Busutil
Traduction : Salvador Bella

BILINGUE

 « Pour ma part, je reste fidèle à la nouvelle, qu’elle soit brève ou plus longue, car elle est le genre grâce auquel j’interprète le rythme de la vie, la fulgurance d’un éclair illuminant la mémoire, la fugacité d’un instant suggérant une mystérieuse trajectoire d’existence, […] » écrivait G. Busutil en 2002, dans une anthologie consacrée à la nouvelle espagnole contemporaine.
Capter l’éphémère pour mieux en extraire un parfum d’éternité, rendre compte d’une essence à partir d’une existence condensée en quelques pages, telle est l’entreprise de cet art marqué au sceau de la concision et que nourrit tantôt  l’observation directe du monde (scènes de rue, conversations à une terrasse de café, brèves de journaux), tantôt la biographie même de l’auteur, autrement dit quelque souvenir puisé dans l’histoire personnelle et arraché à l’oubli par l’écriture. C’est dire si l’art de Busutil s’apparente à la photographie. Comme elle, il a ce pouvoir de préserver le monde de la fugacité, d’en abriter l’essence dans une sorte d’image textuelle où évoluent des personnages à la biographie tronquée, sans passé ni futur, tout entiers contenus dans les limites étroites du récit. Et ce que nous donnent à voir ces histoires, ce sont des instants d’existence sous le signe de l’été, saison de tous les possibles, où les protagonistes, à l’instar des personnages du conte traditionnel, vivent une expérience de type initiatique, une  authentique métamorphose qui les révèle à eux-mêmes, à leur être latent. Expérience liée à la sexualité (« Melville »; « La peau d’O’Hara »), à l’amour (« Le Saut de l’Ange »), au paysage méditerranéen (« Iguane »), à l’impitoyable compétition sociale entre homme et femme (« Beach Stone L-40 ») ou encore à l’art sous toutes ses formes (« Pop de la Côte Ouest »; « Punta Mujeres »), et qui
pour le sujet est la condition d’un accomplissement. Ainsi en est-il par exemple du personnage de « Grimpeur », qui au cours de son ascension du Sheffer Spy Building, l’inaccessible gratte-ciel, meurt à ce qu’il était pour mieux renaître à un stade supérieur de son être. On le voit, cette dialectique de l’existence et de la mort fonde ce que l’on pourrait appeler une poétique de Busutil. Car si comme
on l’a dit la nouvelle est un sanctuaire contre le temps, les personnages qui y évoluent parviennent pour leur part à faire un pied de nez à la mort en s’accomplissant dans un acte souvent gratuit, toujours esthétique.

Extrait de la préface de Salvador Bella

Guillermo Busutil

8.00 EUR
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